L'approche multipartite et multisectorielle a mis en lumière l'importance de l'éducation pour mettre fin au mariage des enfants (parfois appelé mariage précoce ou forcé) en Afrique comme jamais auparavant. Cela a également mis en évidence les liens avec la crise de l'apprentissage que connait le continent, qui frappe davantage les filles et limite le potentiel de développement socio-économique de l'Afrique.
Les filles, toujours les plus touchées
Des filles non instruites sont 3 fois plus susceptibles d’être mariées avant l’âge de 18 ans (en anglais) que celles ayant fait des études secondaires ou supérieures. En Afrique, parmi les 20 pays où le nombre de mariages d'enfants est le plus élevé (en anglais) figurent le Tchad (67 %), la RCA (68 %), le Soudan du Sud (52 %), le Mali (52 %), le Niger (76 %) et la Mauritanie (37 %).
Selon le rapport sur les résultats 2018 du PME, presque tous ces pays se situent également en dessous du seuil de l'indice de parité des sexes de 0,88 pour l'achèvement du primaire et du premier cycle du secondaire. En d'autres termes, l'écart entre les sexes défavorise les filles et réduit leurs taux d'achèvement du primaire et du premier cycle du secondaire. Ces pays sont également parmi les plus pauvres et les plus touchés par les conflits dans le monde.
Des millions de filles ne sont pas scolarisées et des millions d’autres n’apprennent pas. Certains parents ne voient pas non plus la valeur, ou du moins les retombées socio-économiques à long terme de l'éducation pour les filles, vu qu’elles finiront toujours par quitter leur maison une fois mariées. Le gain économique à court terme que leur rapporterait le mariage de leur fille leur importe bien plus. Ils ignorent ainsi les avantages sur le long terme de l’éducation d’une fille pour sa famille, sa communauté et la nation toute entière.
L'Afrique en tête des inégalités en matière d'éducation
Couplée à l’impact du mariage des enfants sur l’éducation des filles, la crise mondiale de l’apprentissage frappe le plus durement l’Afrique, en particulier ses filles. Selon l'Institut de statistique de l'UNESCO (en anglais), il y a 32 millions d'enfants non scolarisés en âge de fréquenter le primaire en Afrique, et 28 millions d'adolescents non scolarisés. Ce sont les taux les plus élevés au monde.
Sans surprise, le continent affiche la plus forte proportion d'enfants incapables de bien lire à l'âge de 10 ans. L'exclusion et l'absence de compétences de base en matière d’éducation sont vécues par les filles dès le bas-âge, et celles-ci sont touchées de manière disproportionnée - avec seulement une sur trois achevant le premier cycle du secondaire.
En Afrique, les filles vivant dans des situations de conflit ont 2,5 fois moins de chance d'être scolarisées, devenant ainsi plus vulnérables à divers abus, à l'exploitation, à la violence sexiste et au mariage précoce.
Le mariage des enfants : une des causes des inégalités entre les sexes
Le mariage des enfants est à l'origine de l'inégalité entre les sexes et, l'éducation, en complément d'autres interventions sectorielles, est une des stratégies clés pour éviter aux filles d’être mariées avant l'âge de 18 ans. En plus, aller à l'école pour celles qui ont déjà des enfants peut être difficile, voire impossible.
Pourtant, nous savons que la baisse du niveau de scolarité des filles les prive de leurs droits, limite leur potentiel et fait perdre des milliards de dollars à leurs pays.
Une étude financée par le PME et menée par le Centre international de recherche sur les femmes (ICRW) et la Banque mondiale a estimé que, si le Niger, par exemple, mettait fin aux mariages des enfants, il y aurait une augmentation du niveau d'instruction et une baisse du taux de fécondité, pouvant ainsi engendrer des gains de plus de 25 milliards de dollars entre 2014 et 2030 pour le pays.
Commentaires
Je suis vraiment ravie pour votre initiative, c'est cette position de différence de sexe qui retarde le développement en Afrique, surtout dans les villages ou les pratiques traditionnelles gagnent les terrains.
Un défis reste majore et préoccupant : les femmes dans les sciences techniques. cordialement