Parmi les nombreux défis mondiaux évoqués cette année lors de l’Assemblée générale des Nations unies, j’ai été réconfortée de voir que les ODD 4 (éducation) et 5 (égalité hommes-femmes) occupaient une place majeure et que les dirigeants mondiaux reconnaissaient qu’il n’était possible de les atteindre, ainsi que les autres objectifs de développement durable, qu’au moyen de partenariats renforcés (ODD 17).
Cependant, malgré la Journée internationale de la fille qui approche, l’Institut de la Statistique de l’UNESCO (ISU) nous informe que plus de 130 millions de filles demeurent non scolarisées. Il ne s’agit pas simplement de chiffres. Derrière chacune de ces 130 millions, il y a un beau visage et un nom – or, chacune d’elles mérite l’opportunité d’apprendre.
Au-delà des chiffres
Joyce, élève de 8ème année dans une école de la banlieue de Nairobi, au Kenya, est née d’une mère célibataire et a été élevée par sa grand-mère. Elle est entrée pour la première fois à l’école à l’âge de 10 ans. Bien que ne sachant ni lire ni écrire, elle a intégré la 5ème année du fait de son âge. Joyce a poursuivi sa scolarité conformément à la politique scolaire. Ayant du mal à suivre en classe, elle rendait rarement ses devoirs. Pour ses enseignants, c’était un cas désespéré.
Il y a quelques mois, la vie de Joyce a commencé à changer. Son école participe en effet aux cours de lecture, écriture et calcul du projet Discovery pour les élèves susceptibles de ne plus suivre en classe. Lancé par Discovery Learning Alliance (DLA) dans trois pays partenaires du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) – le Kenya, le Nigéria et le Ghana – le projet est financé par Girls’ Education Challenge, initiative innovante du gouvernement du Royaume-Uni visant à scolariser au moins 1,5 million de filles et à leur faire bénéficier des apprentissages.
Au bout de quelques mois à peine d’instruction au bon niveau, la capacité de Joyce à lire du vocabulaire approprié pour son âge s’est améliorée, passant de 5 % à 50 %. Elle participe désormais activement à un club de lecture périscolaire qui lui donne un accès continu à du matériel de lecture et à l’aide régulière d'enseignants formés au soutien en matière d’apprentissage. Elle qui avait tant de mal à suivre les leçons est à présent souvent la première de sa classe à lever le doigt pour lire. Elle déclare :
Commentaires
Bonjour à toutes et à tous,
Comme d'habitude, c'est avec un énorme plaisir que je lis vos articles. Celui-ci également m'intéresse beaucoup parce qu'il aborde un sujet très actuel. Je trouve effectivement qu'il faut moderniser les méthodes d'apprentissage et donner plus de chance aux élèves, surtout les jeunes filles, à accéder au savoir par la lecture. Dans le cadre d'une étude, nous avons testé une méthode essentiellement basée sur les enseignements contenus dans le livre de Dr. Ghislain W. Badour intitulé "J'aide mon enfant à bien lire, bien parler, bien écrire". Nous avons travaillé avec des enfants de 6 à 8 ans habitant à Diabir, un quartier de Ziguinchor (Sénégal). Les résultats étaient simplement hallucinants. En l'espace de quelques mois, ils avaient beaucoup progressé en lecture, surtout les filles, elles lisaient avec une telle fluence et une intonation parfaite. Et ce qui était génial dans tout cela, c'est que nous avons fait usage d'un ordinateur et d'un smartphone; donc les enfants prenaient du plaisir en apprenant à lire. Je peux vous assurer que les nouvelles méthodes de lecture, en particulier celles faisant appel aux nouvelles technologies sont très efficaces.