La société civile s'engage pour contribuer à une meilleure planification de systèmes éducatifs sensibles au genre

Un atelier régional sur la planification sectorielle de l'éducation favorisant l'égalité de genre récemment tenu à Dakar, à l'initiative de l'UNGEI, a permis de renforcer les capacités de la société civile à soutenir la mise en place de systèmes éducatifs intégrant véritablement la dimension de genre.

25 janvier 2022 par Solange Akpo, ANCEFA, Houraye M. Anne, Forum for African Women Educationalists (FAWE), Eline Versluys, UNGEI, et Jorge Ubaldo Colin Pescina, GPE Secretariat
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Une participante à l'atelier régional sur la planification sectorielle de l'éducation sensible au genre qui s'est tenu à Dakar. Crédit : UNGEI
Une participante à l'atelier régional sur la planification sectorielle de l'éducation sensible au genre qui s'est tenu à Dakar.
Credit: UNGEI

Les yeux d'Edouine s’illuminent quand elle parle de la façon dont son père l'a soutenue tout au long de sa scolarité.

« Mon père n'était pas comme les autres hommes. Il a appris à ses filles à rêver et à rêver grand ! »

Edouine se considère féministe. Elle a participé à un atelier régional sur la planification sectorielle de l'éducation sensible au genre (GRESP), qui s'est tenu à Dakar, au Sénégal, du 27 au 30 septembre 2021.

Durant ce premier atelier à se tenir en présentiel depuis le début de la pandémie de COVID-19, divers partenaires ont uni leurs forces pour faire progresser l'égalité des genres dans et par l'éducation. Facilité par le FAWE et l’ANCEFA, l'atelier a réuni des acteurs de la société civile ainsi que des militantes féministes comme Edouine.

Les participants représentaient 11 pays francophones d'Afrique de l'Ouest et du Centre (Bénin, Burkina Faso, République démocratique du Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo). Y ont également assisté des représentants de l'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles (UNGEI), de la GIZ et du GPE, avec le soutien supplémentaire de l'UNICEF et de Gender@Work.

Rôle, difficultés et opportunités de la société civile en Afrique occidentale et centrale

La planification sectorielle de l'éducation sensible au genre est une approche visant à intégrer l'égalité des genres dans l'ADN du processus de planification de l'éducation nationale. Elle se concentre sur l'intégration d'une perspective de genre dans les stratégies visant à recenser les disparités et les obstacles à l'éducation et à y remédier.

De tels ateliers contribuent également à renforcer les aptitudes et les compétences de leadership des participants et mettent en avant la question de la surveillance et de la responsabilité - autant d'éléments essentiels à un changement au niveau du système.

Les progrès réalisés dans ce domaine aident les pays à atteindre les objectifs de développement durable 4 et 5 et les objectifs relatifs à l'égalité des genres de la stratégie continentale de l'éducation pour l'Afrique de l'Union africaine (CESA 16-25) et leurs engagements inscrits dans la Stratégie d'égalité des genres de la CESA.

Depuis 2017, le GPE, l'UNGEI et d'autres partenaires ont animé des ateliers nationaux et régionaux pour les acteurs de l'éducation dans 28 pays d'Afrique et d'Asie, avec plus de 200 participants formés.

Cet atelier était le premier conçu spécifiquement pour les acteurs de la société civile, afin de renforcer leur capacité à soutenir les gouvernements et la société plus largement, dans la mise en place de systèmes éducatifs intégrant véritablement la dimension de genre.

Des participants à l'atelier pendant une activité de groupe. Crédit : UNGEI
Des participants à l'atelier pendant une activité de groupe.
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UNGEI

Une contribution plus significative de la société civile

L'atelier de Dakar a été organisé comme un parcours, commençant par 1) l'analyse de la problématique de genre (en proposant de différents cadres pour analyser les inégalités entre les genres en matière d'éducation) ; en passant par 2) la planification sectorielle de l'éducation (en se concentrant sur la manière d’intégrer de manière efficace une perspective de genre dans l’élaboration de stratégies, la budgétisation et le suivi et l'évaluation) ; jusqu'à 3) l'élaboration de plans d'action (en soutenant la mise en œuvre des plans sectoriels et en surveillant leur impact sur les filles, les garçons, les femmes et les hommes).

Les participants étaient désireux de partager leurs précieuses expériences et leurs leçons apprises dans la lutte pour l'égalité des genres dans l'éducation et de discuter des obstacles spécifiques à l'égalité hommes-femmes dans leurs pays respectifs (ainsi que d'échanger sur la façon de les aborder).

Les participants ont également discuté de leur engagement dans le dialogue sectoriel avec les gouvernements et les groupes locaux des partenaires de l’éducation. On a observé une disparité frappante entre les pays en ce qui concerne la participation des acteurs de la société civile dans les espaces de prise de décision et de coordination sectorielle.

Parmi les recommandations de l'atelier figuraient le renforcement de la sensibilité aux questions d’égalité des genres du plan d'action associé au plan sectoriel, de sorte que les acteurs de la société civile soient prêts à apporter leur contribution dès le début de la mise en œuvre du plan.

En outre, les gouvernements et les partenaires de développement doivent montrer l'exemple et créer les conditions favorables qui permettront à la société civile de jouer un rôle important dans la planification sectorielle de l'éducation intégrant la dimension de genre.

Une des jeunes militants participant à l'atelier. Crédit: UNGEI
Une des jeunes militants participant à l'atelier.
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UNGEI

Les voix de jeunes militants

L'inclusion de jeunes militants pour l'égalité des genres des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre a montré l'engagement envers le dialogue intergénérationnel et la voix des jeunes dans le cadre du processus de planification sectorielle. Ces voix sont essentielles pour élaborer des stratégies qui répondent efficacement à leurs besoins.

Parmi les interventions qu'ils ont suggérées, citons la reconnaissance des normes de genre au sein des sociétés et le travail nécessaires pour les changer, la suppression des obstacles financiers à l'éducation, la promotion des STEM pour les filles et les investissements nécessaires dans une éducation de la petite enfance sensible au genre.

Aller de l'avant grâce à l'initiative « Priorité à l’égalité »

Pour l’ANCEFA et FAWE, cet atelier à l’intention des organisations de la société civile a permis de lier la planification sectorielle de l'éducation sensible au genre à l'initiative « Priorité à l’égalité ». qui promeut l'égalité des genres dans et par l'éducation dans huit pays africains (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigéria, Sierra Leone et Tchad).

Pilotée par une large coalition de partenaires, l'Alliance de l’initiative « Priorité à l’égalité » offre un soutien aux pays en développement qui souhaitent renforcer l'égalité des genres dans leurs systèmes éducatifs, notamment par l'adoption et la mise en œuvre de l'approche de planification de l'éducation sensible au genre.

En mettant l'accent sur le renforcement des capacités de la société civile, l'atelier de Dakar a contribué à l'objectif de l’initiative « Priorité à l’égalité » en rassemblant les gouvernements et la société civile comme des partenaires dans un combat commun : faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons puissent développer leur plein potentiel grâce à une éducation sûre et de qualité.

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J'aimerais participer au différentes propositions et programme de votre organisation car je suis enseignant

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